par Yanick Toutain
Sénégal: Sonko (PASTEF) avec 2,4M d'électeurs doit former un gouvernement CDR Sankara avec 2,6M qui ne SONT MEME PLUS INSCRITS sur les listes électorales
Pour comprendre ce qui va se passer demain au Sénégal, il faut le point de vue de l'hélicoptère.
On a un pays avec 10 millions d'adultes. C'est le niveau actuel prévu par la démographie. Sur les 10 millions, plus de 7 millions ont participé au cirque électoral. [Inscrits 7 371 890 — Votants 4 519 253] Donc presque 3 millions déjà ont boycotté [non inscrits 2,6M — non votants 5,4M].
Sur cet ensemble, un quart ont soutenu le Pastef. [2,4M à la présidentielles 2M aux élections législatives soit 20% des adultes]
Et donc, est-ce que Ousmane Sonko est habilité à diriger le pays du point de vue de la légitimité ? La réponse est non.
Normalement, c'est un gouvernement formé, soutenu par au moins 51 % des adultes — donc 5 millions — qui serait censé gouverner le Sénégal. On est loin de là.
Les électoralistes, aucun d'entre eux n'est capable de réunir ça — ni seul, ni du point de vue institutionnel avec des institutions ayant le soutien de 5 millions.
Et donc les Sénégalais ont légitimité à installer des CDR Sankara.
5 millions de Sénégalais ont légitimité à envoyer promener tout le système constitutionnel — envoyer promener tout le débat sur demain : est-ce que Sonko est légitime ou pas, légal ou pas à être président de l'Assemblée nationale ?
Est-ce qu'il a démissionné ?
Est-ce qu'il y a rétroactivité des mesures de règlement intérieur ? Où est-ce que la rétroactivité ne fonctionne qu'en matière pénale, et cetera et cetera ? Tous les débats à n'en plus finir des constitutionnalistes.
Les constitutionnalistes par essence, par nature profonde, sont des collabos.
Le système constitutionnel qui donne à un groupe particulier le soin de vérifier la constitutionnalité du fonctionnement est une escroquerie.
Les délégués révocables sont les représentants en permanence du peuple. Le peuple doit être en permanence en mesure de changer ses institutions.
Naturellement, chaque pays serait inséré dans un groupe de pays, inséré dans un sous-continent — par exemple l'Afrique de l'Ouest — inséré dans un continent, l'Afrique, inséré dans un gouvernement mondial où les Africains auraient 5 ministres sur 25. Et donc les règles seraient évidemment les règles supérieures.
Maintenant, qu'est-ce qui se passe en réalité ?
Ce qui se passe derrière Faye, c'est la soumission à l'impérialisme, c'est le remboursement de la dette honteuse. Qu'est-ce que ferait Thomas Sankara ? Il dirait — il dit ? Bah, ceux qui ont fait cette dette, ceux qui l'ont acceptée, allez-y, remboursez. C'est votre dette — parce que l'argent, il est passé où ? Il est passé où ? Est-ce qu'il a développé le Sénégal ? Bah non, c'est une farce. C'est de l'argent impérialiste qui a servi à atterrir dans les poches des compradores.
Il faut en finir avec les compradores.
Il faut serrer les boulons — mais serrer les boulons en faveur du peuple, pas en faveur des créanciers voyous qui sont des esclavagistes, puisque leur fortune vient d'un travail rémunéré 5 % de sa valeur réelle.
Les impérialistes comme Bolloré Bouygues en France, et tous les autres paient un vingtième de ce qu'ils devraient payer quand ils font travailler un Africain. Tout ça, c'est de la voyoucratie, c'est de l'esclavage.
Et donc la dette est une dette honteuse.
Et donc il faut un gouvernement CDR Sankara — un gouvernement dans lequel chaque ministre parle au nom de 200 000 Sénégalais. Chaque ministre est le porte-parole de 200 000 Sénégalais. Donc c'est un gouvernement proportionnel dans lequel Sonko sera un des ministres, Faye un des ministres — et on verrait quelle serait la majorité dans les votes de ce gouvernement.
Un gouvernement révocable qui vote — ça, c'est complètement contradictoire avec le système crypto-monarchiste, le système dans lequel on a un parlement législatif, un exécutif et cetera et cetera, qui est en réalité le conseil du roi avec un président de la République qui est en réalité le roi réincarné. Mais c'est une véritable farce. Il faut en finir avec ça.
Thomas Sankara dirait : Constitutions à bas. Monarchie à bas. Féodalité à bas. Impérialisme à bas.
C'est ça que Thomas Sankara dirait. Et Thomas Sankara dirait : « Mais Sénégalais, qu'est-ce que vous attendez pour installer un gouvernement basé sur les CDR ? »
Sankara de la même façon engueulerait Ibrahim Traoré en lui disant : « Mais c'est quoi, c'est quoi cette tyrannie militaire ? Où sont les CDR ? »
Thomas Sankara dirait : « Relisez, Ibrahim Traoré, relisez — ou relis, peut-être qu'il le tutoyerait, Ibrahim Traoré — va relire mon discours du 4 août 1983, va relire mon DOP qui était rédigé par mon bras gauche Valère Somé, il dirait va relire mon discours d'avril 1986 : il n'y a qu'un seul Burkina Faso, le Burkina Faso des CDR. Ce sont les CDR qui sont le socle institutionnel du Burkina Faso. Sans les CDR, ça n'est pas un Burkina Faso. »
Et donc le Sénégal doit devenir un Sénégal Faso lui aussi avec des CDR. Le Mali, un Mali Faso. Le Niger, un Niger Faso. Et l'AES serait donc, ce serait AES Faso, avec un gouvernement où chaque ministre porterait la parole de 800 000 AESBè — des citoyens intègres de cet AES unifiée.
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